Administration : Le MAEE recrute
Interview de Sophie RENAUD : correspondante "Egalité des Chances"

Pourriez vous présenter le Ministère des Affaires Etrangères et Européenenes (MAEE) en quelques phrases ? Le ministère des affaires étrangères et européennes (MAEE) met en œuvre la politique étrangère de la France en s’appuyant sur un travail interministériel qu’il anime et sur un réseau à l’étranger, le deuxième du monde (160 ambassades, 97 consulats généraux et consulats) et en constante adaptation aux réalités internationales. Les agents du MAEE, au nombre de 16 000 environ, sont appelés, individuellement et collectivement, à représenter notre pays et ses intérêts à l’étranger au travers de métiers très variés : plus de 130 emplois-types ont été dénombrés dans 8 domaines d’activité principaux (direction générale, politique, consulaire, coopération et action culturelle, communication, administration, informatique, logistique et patrimoine). Tant en termes de compétences que de représentativité, cette communauté de travail doit refléter la diversité des talents et des profils culturels et sociaux de la société française. C’est un gage de légitimité, d’ouverture et de pluralisme, aux yeux de nos partenaires étrangers autant que des usagers de nos services consulaires. L’impératif de diversité rejoint celui de l’égalité des chances, politique interministérielle prioritaire, qui s’est traduite au MAEE par une Charte de l’égalité professionnelle et de l’égalité des chances signée par le Ministre et les partenaires sociaux en mars 2009. La politique en faveur du handicap en est l’une des composantes.
Pouvez vous nous expliquer comment est né l’engagement du ministère en faveur de l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés ? Le ministère des affaires étrangères et européennes s’est impliqué dès la parution du décret n° 95-979 du 25 août 1995, puis du protocole d’accord du 8 octobre 2001, dans une politique de recrutement de personnes handicapées. Dans le cadre des dispositions de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, il poursuit sa politique dynamique en faveur de ces personnes, que ce soit au titre des recrutements, de leur formation, de l’aménagement des postes de travail ou encore de l’accessibilité des locaux. Des efforts importants ont été consentis pour améliorer les conditions d’accessibilité et de travail : les dépenses à ce titre se sont élevées à 1 186 397 € en 2008. Des conditions d’accessibilité optimales ont été réalisées à l’occasion de l’aménagement des nouveaux locaux qui ont regroupé en 2009, sur un site nouveau, différents services du ministère. Un effort particulier est prévu par le plan triennal 2008-2011 pour améliorer l’accessibilité des implantations du ministère à l’étranger. Le recours au télétravail est favorisé pour les agents parisiens et nantais qui le souhaitent, avec mise à disposition d’un poste de travail adapté à domicile tout en veillant au maintien d’un lien solide avec le service de rattachement. Dans la perspective d’une intensification de l’embauche et d’une meilleure intégration des agents recrutés, il est prévu de recourir davantage aux outils mis à disposition par la loi. En particulier, il est prévu de passer prochainement une convention avec le FIPHFP (Fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique) pour financer un programme de projets comprenant des aménagements de postes de travail faisant appel à des techniques avancées, des formations spécifiques, des services d’accompagnement à la personne, une sensibilisation accrue du personnel à l’accueil d’un travailleur handicapé.
Quels moyens avez vous mis en place concernant le recrutement ? Une large place est faite à la communication, via le site Internet du ministère, la diffusion de plaquettes et la participation à des salons forums « emploi », pour promouvoir cette voie de recrutement spécifique au titre des politiques d’insertion. Une quinzaine de travailleurs handicapés sont ainsi recrutés tous les ans, dans les trois catégories. Les candidats sont retenus en catégorie A et B pour leurs compétences juridiques et linguistiques, mais aussi pour la catégorie C où ils sont appelés à occuper des fonctions administratives ou techniques, pour leurs qualités humaines et leur aptitude à s’inscrire dans la dimension internationale du ministère. C’est la publication de l’avis de recrutement à l’automne, en particulier sur le site www.diplomatie.gouv.fr, qui donne le coup d’envoi de la campagne de recrutement annuelle, celle-ci s’articulant autour d’un calendrier rythmé par les différentes phases de recrutement puis d’affectation jusqu’à l’automne suivant. Les dossiers font l’objet d’une première sélection en fonction du parcours du candidat et de l’adéquation de son profil avec les compétences requises ; compte tenu du nombre très élevé de candidatures par rapport au nombre de postes à pourvoir, dès ce stade, seuls les meilleurs dossiers sont retenus pour la phase suivante, l’épreuve de mise en situation : il s’agit d’une épreuve d’évaluation écrite destinée à mettre en évidence notamment les capacités de raisonnement et de rédaction ainsi que la culture générale des candidats. Les épreuves ne s’apparentent pas à un concours et constituent seulement un éclairage parmi d’autres pour l’évaluation des candidats. Suivant le résultat de cette évaluation, les candidats sont convoqués à un entretien de présélection avec le correspondant handicap et le psychologue de la DRH. Les meilleurs candidats sont présélectionnés, dans la limite d’un peu plus de deux fois le nombre de postes ouverts, pour être présentés à la commission de recrutement. Celle-ci, à la fin des auditions, établira la liste des candidats admis. Une liste complémentaire, par ordre de mérite, peut compléter la liste principale publiée sur le site Internet du MAEE. Le contrat d’embauche, d’une durée d’un an, donne vocation à la titularisation de son bénéficiaire, avec un parcours professionnel individualisé mais identique dans ses aspirations fondamentales à celui des collègues du même corps issus des concours (promotion interne, mobilité géographique et fonctionnelle, en France comme à l’étranger). Les agents handicapés disposent à la direction des ressources humaines d’un correspondant handicap, qui participe à leur sélection, veille à leur intégration et assure leur suivi.
Parlez nous d’une intégration réussie ... La quasi totalité des 53 lauréats recrutés depuis 2006 au titre du handicap a été titularisée à l’issue du contrat d’un an. Plutôt que de sélectionner un cas d’intégration réussie, ce qui supposerait de renoncer à évoquer tous les autres, y compris des maintiens dans l’emploi, je préfèrerais citer quelques exemples qui témoignent d’un mariage heureux entre les aspirations de certains agents et la politique individualisée que peut mettre en place la Direction des ressources humaines : plusieurs agents lourdement handicapés en termes de mobilité et un agent aveugle ont pu choisir, en accord avec leur service, d’exercer leurs fonctions en télétravail, sur un mode pendulaire pour certains d’eux, total pour l’un des agents suivi par une équipe médicale en province. Un autre agent déficient visuel a pu suivre, assisté d’une auxiliaire de vie professionnelle, le stage d’intégration des lauréats de son coprs, prévu sur Paris, Berlin et Varsovie. A l’encontre des préjugés habituels sur l’autonomie, un rédacteur d’une direction géographique a su gérer avec une grande détermination les nombreux déplacements à Bruxelles impliqués par ses fonctions. Ces quelques exemples ne doivent pas occulter les autres cas d’intégration réussie à l’étranger, tous les agents ayant la possibilité de servir à l’étranger si leur état de santé le leur permet. La mise en valeur des compétences inestimables des agents évoqués n’aurait bien entendu pas été possible sans un aménagement de leurs conditions de travail et sans la participation active de l’équipe qui les entoure.



















